L'Albanie est délaissée par les jeunes, 62 % des immigrés ont moins de 35 ans.

L'Albanie connaît une nouvelle vague d'émigration, 62 % des personnes qui partent ont moins de 35 ans. Rien qu'en 2024, 44 000 Albanais se sont dirigés vers les pays de l'UE, tandis que le taux de natalité a chuté de 74 % par rapport aux années 1990.

Ida Ismaïl

Notre pays est confronté à une nouvelle vague d'émigration, qui s'accélère, et dont les jeunes et les jeunes familles sont les principaux responsables. Les données publiées par Eurostat montrent que, pour la seule année 2024, environ 44 000 Albanais ont émigré vers les pays de l'Union européenne, aggravant ainsi la crise démographique qui frappe le pays depuis plus de trente ans.

Après la pandémie, le rythme de l'émigration s'est considérablement accéléré. Selon Eurostat, pour la seule période 2021-2024, au moins 180 000 personnes ont quitté le pays, sans compter les données relatives à la Grèce et au Royaume-Uni, ce dernier ayant connu un pic de départs en 2022.

La prédominance des jeunes dans la vague d'immigration

D'après les données d'Eurostat pour 2024, traité par Monitor62 % des immigrants avaient moins de 35 ans. Le groupe le plus important était celui des jeunes de 25 à 29 ans, avec plus de 6 000 personnes, soit 14.3 % du total. Viennent ensuite les 30-34 ans, qui représentent 13 % du total.

Un autre phénomène inquiétant est le départ des jeunes familles avec de jeunes enfants. Les moins de 15 ans représentent environ 18 % des personnes qui partent, ce qui montre que l'émigration n'est plus un phénomène individuel, mais un mouvement familial aux conséquences durables pour la population.

Parallèlement, une part importante de la main-d'œuvre qualifiée quitte également le pays. La tranche d'âge des 35-49 ans représentait 20 % des émigrants en 2024.

Selon Gertjana Hasalla, experte du travail, le taux de chômage en Albanie reste élevé, notamment chez les jeunes, tandis que la qualité de l'emploi est souvent décevante.

« Les gens ont du mal à trouver un emploi. Le marché du travail en Albanie est difficile. Beaucoup choisissent d'avoir deux emplois », explique Hasalla.

Ne trouvant pas d'emploi sur le marché du travail national, certains jeunes choisissent de quitter le pays pour de meilleures perspectives et des salaires plus décents, considérant l'émigration comme la seule solution pour une stabilité économique et professionnelle.

L'exode des jeunes et l'évolution des modes de vie ont également entraîné une forte baisse du taux de natalité. Au début des années 1990, l'Albanie enregistrait 82 125 naissances par an. En 2025, ce nombre était tombé à seulement 21 425 naissances, soit une diminution d'environ 74 %.

Le taux de fécondité a chuté à 1.21 enfant par femme, bien en deçà du seuil de renouvellement des générations. Le vieillissement progressif de la population, l'émigration des jeunes et l'évolution des structures familiales ont alimenté l'une des crises démographiques les plus graves de l'histoire moderne du pays.

Les données de l'INSTAT sur l'émigration montrent que la différence entre ceux qui partent et ceux qui reviennent, confirmant ainsi que le pays continue de perdre de la population de manière constante.

Les chiffres montrent que l'Albanie perd la partie la plus vitale de sa population, les jeunes et les jeunes familles, ce qui représente un défi démographique aux conséquences durables pour le développement économique et social du pays. L'Albanie doit aujourd'hui relever des défis majeurs quant aux politiques à mettre en œuvre pour freiner l'exode des jeunes. Son économie est faible et peu compétitive, et les offres d'emploi sur le marché européen se multiplient, poussant de nombreux jeunes à envisager l'émigration comme une alternative pour un avenir meilleur.acqj.al